• Laheedjah Tikidanke

La (Trop Timide) Ratched



Le sexe faible n’est définitivement pas féminin chez Ryan Murphy.


Pourtant fan du cinéaste, je ne percute sur ça que maintenant.


La « Ratched » de Murphy aurait aisément pu être une saison d’American Horror Story, tellement elle en est imprégnée tant par le style que la narration, et portée par une Sarah Paulson toujours aussi énigmatique et déroutante que somptueusement polyvalente.


Des décors aux costumes, de la beauté des grands angles aux split screen, de la musique omniprésente en hommage au cinéma hollywoodien aseptisé des 50’s à la distribution, tout, dans « Ratched », est vertigineux, déluré, grandiloquent, d’une pureté visuelle aussi implacable que nette et sans bavure.


Extirpant le personnage du livre « Vol au dessus d’un Nid de Coucou » de Ken Keisey, plus tard adapté au cinéma par Milos Forman, Murphy réhabilite ici une Mildred Ratched jusqu’ici décrite comme la quintessence de la peau de vache en milieu hospitalier exerçant son pouvoir sur plus faible qu’elle, en la dépeignant comme une femme au départ bien intentionnée qui, somme d’un passé particulièrement douloureux, finit progressivement (et peut-être un peu trop lentement) par virer du côté obscur.


Le problème est peut-être là pour moi car, portée depuis l’enfance par la puterie de la Miss Ratched de Forman sous les traits de Louise Fletcher, je n’ai pas totalement réussi à me laisser porter par cette version.


En fait et pour mieux apprécier la « Ratchet » de Ryan Murphy, il vaut peut-être mieux ne pas avoir vu le « Vol au Dessus d’un Nid de Coucou » de Milos Forman.


Malgré ce sentiment de semi-déception, « Ratched » n’en reste pas moins une série audacieuse en tous points, et dont j’attends la prochaine saison pour être sûre de ne pas avoir totalement perdu mon temps.


Une mention spéciale aux clins d’œil à Shinning, Sophie Okonedo qui n’est pas sans me rappeler une certaine Angela B, ainsi qu’à la sublime Sharon Stone, clône ultra perturbant d’une Madonna à son meilleur avant qu’elle ne cède, elle aussi, à la folie putassière du bistouri.


Actuellement sur Netflix si ça vous parle.

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