Self Made (L'Histoire de Madam CJ Walker) - COLÈRE.



Madam CJ Walker c’est un peu l’Elvis Presley de l’entreprenariat afro-américain. Elle a plagié pour faire son beurre mais c’est pas grave parce qu’elle a beaucoup fait pour sa communauté. Et comme c’est la première femme milliardaire afro-américaine de l’histoire, bah on va défroisser le reste au fer parce que l’important c’est pas le procédé, mais le résultat. Même avec la mention « inspiré de l’histoire de », la mini-série « Self Made » sur l’histoire de Madam CJ Walker est aussi sombrement orientée qu’insultante, au regard de la véritable histoire de cette femme qui, bien que s’étant faite toute seule, est dépeinte ici comme une femme d’affaire pour qui voler une formule cosmétique n’est pas si grave que ça, sous prétexte qu’elle a été une super philanthrope jusqu’à la fin de sa vie. Les réactions en témoignent, tout le monde a kiffé, elle a volé, les gars, mais c’est pas grave, ça fait plaisir, parce que ce qu’on retient, c’est que ça donne surtout envie d’entreprendre et d’apprendre à ne compter que sur soi-même pour réussir. Et puis, une série qui parle d’une Afro qui réussit c’est trop mignon parce qu’on voit tellement pas ça sur nos écrans, donc le reste ne compte pas, surtout que – Oh la la – Octavia Spencer quelle actrice depuis "La Couleur des Sentiments", femme à poigne en bois blah blah blah donc forcément : chef d’œuvre. Bah moi, j’achète PAS. Et comme si ça suffisait pas, ajoute à tout ce foutage de gueule assumé cette scénette hallucinante où, au moment d'être accusée de vol par sa concurrente (et même pas créditée puisqu’au final, la dénommée Addie Munroe évoque en réalité Annie MALONE plagiée par l’intéressée), CJ Walker la calme avec une sortie verbale pseudo militante de supermarché pour prôner l’unité entre femmes noires face au blanc « qui nous viole et qui nous tue », reléguant ainsi son plagiat au rang des petits coups fourrés de cours de récré à vite oublier "parce qu'on est ensemble". En gros je t’ai fumée mais passe à autre chose parce qu’on doit rester soudées face à l’oppresseur ??? REALLY NIGGA ??? Choquée. Pour faire court, CJ Walker, interprétée par une Octavia Spencer que j’aime déjà pas spécialement à la base, est un ange qui a beaucoup souffert et a la soif de réussir, quitte à traiter son mari comme un subalterne aux idées de merde et le faire passer pour un salaud parce qu’il finit par aller voir ailleurs. Sa pire concurrente (et donc celle à qui elle a volé la formule pour faire ses produits capillaires), produit du viol de sa mère esclave par son maître de plantation, est vue comme une connasse métisse parvenue qui se croit privilégiée de par son teint clair et ses jolis cheveux, et donc endosse le rôle de la rageuse de service qui supporte pas le succès de celle à qui elle a donné sa chance. Si ça n’était qu’une affaire de récit tronqué, mais hormis la réalisation et le bon jeu d’acteurs (Blair Underwood en tête qui a clairement oublié de vieillir depuis 30 piges), j’ai particulièrement détesté l’utilisation d’une bande son anachronique pour une histoire censée se dérouler après l’esclavage (jusqu’à la reprise du « Seven Nation Army » des White Stripes). Ça l’a déjà fait ailleurs mais, pardon ; ici, ça prend pas. Bref, c’est pas parce que je suis friande de « true story » que je vais me foutre à accepter n’importe quoi, sous prétexte que ça parle d’une success story Afro. On va donc NEXTER ça pour cette fois, si tu veux bien (et que tu le veuilles ou pas, d’ailleurs). THANX FOR NOTHING. I'M OUT.

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Crédit photo : Tallojah Makandal

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