La Couleur de la Victoire. Pouvait (largement) mieux faire.



La Couleur de la Victoire (« Race » en anglais dont le titre à double sens est beaucoup plus parlant que la traduction française) est plus un film aux tons Walt Disneysques traitant des JO sous le régime hitlérien que la vie de Jesse Owens lui-même.


Athlète de renom dont le record est resté 25 ans avant d’être battu et qui a surtout servi de pion à une Amérique donneuse de leçon qui ne valait pas mieux que l’Allemagne qu’elle pointait du doigt, Jesse Owens devenait sportif tant qu’il faisait gagner un gouvernement et redevenait « nègre » une fois rentré dans un pays qui le traitait bien moins qu’une merde en dépit des médailles d’or amassées à la sueur de son front, mais dont les performances n’ont arrangé les USA que pour dorer leur blason hypocrite de gendarme du monde.


À mon sens, Owens méritait un bien meilleur traitement que ce faux biopic politiquement correct et sirupeux, où les enfoirés de l’Histoire sont confirmés dans leur rôle, quitte à entretenir des légendes que personne n’ira vérifier au motif que ces mêmes enfoirés sont déjà tellement au summum de leur puterie idéologique, que ça ne dérangera pas d'enfoncer un peu plus pour la forme.


Bref, des libertés scénaristiques à la gloire d’une Amérique humaniste seulement quand ça l’arrange, et un résumé supra bâclé sur l’après JO d’Owens en quelques phrases pour épilogue sur l’écran à deux minutes de la fin du film qui, elle non plus, n’en est pas vraiment une.


Un Spike Lee ou un John Singleton auraient sûrement été moins croulants pour traiter d’un sujet pareil, mais ça a au moins le mérite d’être fait, même si un bouquin 10 000 fois plus renseigné vous en apprendra sûrement plus sur l’histoire d’Owens que cette semi comédie dramatique ne le fera jamais.


Ceci dit merci à Stephan James pour la performance, même si là aussi j'aurais préféré un minimum de ressemblance physique avec le personnage réel, ce qui n'est pas du tout le cas ici non plus.

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Crédit photo : Tallojah Makandal

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