"Get On Up"... BAD MOTHAFUCKER...


… Il s'en est passé des bordels avant que ce projet de biopic sur James Brown finisse par voir le jour.


D'abord on te parle de Spike Lee. Jusque là, pour la fan invétérée du cinéaste que je suis, tout va bien dans le meilleur des mondes. Et puis le vinyle enchanteur dérape violemment quand Spike te parle d'engager Wesley Snipes pour le rôle principal. Là, en fait, tu frôles la rupture d’anévrisme caractérisée en te demandant quel anaconda dépressif a bien pu mordre le Brother Spike pour penser à un mastodonte comme Snipes, bon acteur, certes, mais perdu depuis des années dans des navets de vampire en Ray-Ban et de prises d'otages en altitude.


De là commencent les pires pronostics où tout le monde et n'importe qui est envisagé dans les conversations de salon, tellement on croise les doigts jusqu’à se les péter pour que Spikie retourne sa veste et reporte la rédemption de Snipes à plus tard pour un rôle moins "viol-orbite" pour nos petites billes fragiles (car NON : Snipes n'est INTERNATIONALEMENT PAS FAIT POUR JOUER JAMES BROWN).


Gars j'ai même joué avec la vie et la mort réunies en allant jusqu'à proposer VING RHAMES dans un forum de discussion s'te plaît !!


Et puis Snipes va en taule pour fraude fiscale. Tu te dis que Spike va bien finir par voir la Lumière et choisir quelqu'un d'autre. Mais nan. Et toi tu pestes, tu penses au suicide professionnel qui attend les deux protagonistes si jamais ils vont au bout de leur projet de destruction karmique (nan mais si j'ai bien dit KARMIQUE).


Et finalement ? Voilà que le projet passe des mains de Spike Lee à celles de Tate Taylor, responsable de "La Couleur des Sentiments" que t'as proprement détesté, qu'il se retrouve produit par Mick Jagger, et dont le rôle principal est confié à un parfait inconnu de ta vidéothèque qui a d'abord refusé de jouer le rôle… Et comme si ces dernières infos fraîchement tombées dans tes feuilles suffisaient pas, tu fouilles sur la toile pour checker la tronche du gars et tu lâches un très incontrôlé "WHAT DA FFFFFFUCK ????!!!" !


Ce qui fait que tu pars complètement aigrie et pessimiste sur le résultat final en te martelant, tel un Spartiate viré du casting des "300", que PERSONNE ne sera jamais à la hauteur pour incarner l'auto-proclamé "Bad Motherfucker" que fût James Brown.


Mais alors que tes potes commencent à s'enflammer sur la sortie imminente du film, tu te dis qu'à défaut de crever conne, ce serait pas mal non plus de jeter un œil propre sur la bande-annonce. Et il suffit que le gars répondant au nom de CHADEWICK BOSEMAN ouvre son dentier pour lâcher du verbe et là tu te dis AAAAAAW SHHHIT !!!!!!!!!!!!


… Et tu te retrouves dans une salle bondée à tout péter avec tes potes, prête à donner du crédit à ce mec sorti de nulle part, juste parce que sa grande gueule et ses prothèses dentaires ont mis moins d'une demi-seconde à taper la discute avec TES TRIPES.


Sortir de la projection de "Get On Up" est comme remonter ton pantalon EN LARMES après la plus belle déculottée que t'aurait infligée la daronne après lui avoir chouré 50 centimes pour t'acheter des bonbons.


Et la fessée que je viens de me prendre a été hardcore… Gars, j'ai juste l'arrière-train en CHIEN, cramé comme du barback en bord de piscine, avec incapacité clinique à m'asseoir proprement avant un bon posse de jours sur une chaise sans repenser à la punition qu'on vient de me coller sur le fessier.


En matant "Get On Up", il n'y a pas grand-chose qu'on ne sache pas déjà sur le personnage de James Brown, sa carrière ou encore sa vie privée. "Get On Up" ne t'apprend pas que James Brown était un tyran. Tu le savais déjà. Ni son perfectionnisme, sa mégalomanie, ses addictions ou pire encore, sa violence. Les faits divers, la presse à scandale et ton écran TV t'avaient déjà tout montré bien avant de te retrouver devant cet écran. Tu sais donc que tu n'as pas affaire à un ange irréprochable tranquillement claqué dans son sommeil à l'heure de la retraite, mais à un homme dont le monde prononcera encore son nom pour les décennies à venir, et qui trimballait derrière lui les démons de son enfance et du personnage qu'il s'était lui-même forgé par la seule force de sa détermination à ne JAMAIS laisser qui que ce soit lui dicter sa conduite, fut-elle exemplaire ou impardonnable.


De la photographie à la bande son en passant par les prises de vue et le savoureux mélange chronologique, le piment ABSOLU de "Get On Up" réside incontestablement dans la prestation des acteurs. Avec des tons irrésistiblement Scorsesiens dans le style de narration, et doté d'un casting absolument insupportable (Viola Davis, Jill Scott, Aloe Blacc en passant par le prestigieux Dan Aykroyd – ancien Blues Brothers), il va sûrement te paraître quasiment évident que je mette le FABULEUX CHADEWICK BOSEMAN EN TÊTE DE PELOTON.


Il ne fallait pas seulement du talent pour oser se glisser dans la peau d'un personnage aussi truculent et tout en paradoxes qu'un gars comme James Brown… Il fallait avant tout une belle grosse paire de BAWLS bien calées dans un pantalon patte d'eph' couleur saphir, et Broseman ne s'est pas contenté de les poser sur la table pour tout donner… Il me les a tout simplement BALANCÉES DANS LA GUEULE.


Pour une vie particulièrement bien remplie comme celle de Brown, l'intelligence du film a selon moi été de ne pas s'éterniser sur une période plus qu'une autre, mais de les avoir chacune traitées à l'égale, afin de permettre au spectateur de comprendre et cerner qui était celui qui, mort à la naissance, allait devenir l'Immortel qu'on connaît, avec les travers qu'on lui connaît.


Tu te prends les séquences musicales comme de véritables volées sonores et visuelles, tu observes et écoutes le mec dans ses œuvres, et tu penses "James Brown". Quand le mec monte sur scène, tu te sens comme dans un concert, tu te laisses emporter par l'hystérie avec tes potes aussi ensorcelés que toi sur leur strapontin, tu tapes des pieds, des mains et des coudes sans plus franchement te soucier du public un peu trop retenu pour l'occasion… ET TU LÂCHES LES CHIENS.


Et si tu les lâches, c'est parce que le spectacle en face, en plus de te rappeler qui était Brown, te fait aussi amèrement regretter de ne jamais avoir pris le temps de t'acheter un putain de billet pour voir ce mec EN VRAI AU MOINS UNE FOIS, avant qu'il nous fasse ce faux bond le 25 décembre 2006.


Tu mates "Get On Up", et toutes les émotions se mélangent. L'excitation, le ravage, le regret, mais surtout le bonheur d'avoir eu ce privilège en OR de connaître l’œuvre du plus grand showman Afro-Américain que la Terre aura jamais porté en son sein.


Et comme Brown le disait lui-même :


"Vous n'avez peut-être pas mes disques chez vous, mais il y a forcément un peu de moi dans tout ce que vous écoutez".


Car un peu d'histoire est toujours bon à prendre dans tout ça ; rappelons que James Brown reste l'artiste le plus SAMPLÉ de toute l'histoire de la musique interplanétaire (plus de 3000 fois à ce jour)…


J'ai envie de te dire d'y aller les yeux fermés… Mais tu perdrais au change. Alors vas-y les feuilles et les yeux GRANDS OUVERTS, mange-toi cette VO SUPRA PUISSANTE dans les dents et ce grand écran dévastateur en pleine poire… Tu vas prendre cher, c'est une promesse.


Merci à Tate Taylor et Chadewick Boseman.


Parce que ce soir c'est indéniable… I FEEL GOOD.

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Crédit photo : Tallojah Makandal

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