Notorious... "BI...O...PIC".


Il était une fois Christopher George Latore Wallace, jeune Afro-américain truculent de mère Jamaïcaine installée aux Etats-Unis et qui, à la base de tout, n'avait comme le dirait l'expression : « rien pour lui ».

Mais le « profil » peu avantageux de ce petit garçon, féru de culture hip-hop au verbe précoce, montrera qu'en dépit de tout, tout est possible à celui qui VEUT.

Après une adolescence tumultueuse et tout en demi-teinte, du trafic de drogue à la paternité, du sexe à l'amour et du succès à la mort, le jeune Christopher au départ raillé parce qu'il était « Noir, gros et laid » devint l'international Notorious Big que l'on sait, et dont la vie, interrompue dans sa 24ème année, ne pouvait rester dans les cartons de l'histoire du Show Biz Afro-américain sans être un jour portée à l'écran.

Produit et validé tant par sa mère que son acolyte de toujours Sean « P-Diddy » Combs, le biopic « Notorious » a donc vu le jour en 2009. Non content d'être une fresque au visuel et à la bande-son incontournables, et à l'instar de l'inoubliable « Ray » sur Ray Charles (validée par lui-même de son vivant), « Notorious » a par-dessus tout le mérite de n'être ni consensuel, ni politiquement correct. Il évite autant la complaisance qu'il opte pour la mise à nu plutôt que le travestissement et vu comme ça, on en redemande.

Christopher Wallace était tout sauf un ange. Évoluant dans un contexte dans lequel à son époque (et malheureusement encore aujourd’hui) le trafic en tout genre semblait être l'unique porte de sortie pour un Afro-américain issu de quartier difficile, le parcours de Wallace se révèle être un phénoménal pied de nez à ce cliché de « raté » souvent attribué par défaut à ceux qu'on ne considère pas « bien nés », ou dont le physique sera censé leur fermer toutes les portes de l'ascension sociale.

Notorious BIG était armé. Et avec cette arme, nombre de barrières sont tombées. Cette arme, c'était sa plume, et les balles qu'il en sortait trempaient dans l'acide virtuosité de ses rimes et impros qui parvenaient à occulter le reste.

A travers le film, et pour quiconque ne s'étant jamais intéressé à la carrière de l'artiste, la vie de BIG donne envie d'écouter le personnage (narrateur de sa propre histoire depuis l'au-delà) et d'apprécier son héritage, mais aussi de mesurer, même plus de 15 ans après sa mort, l'impact important de sa carrière dans l'histoire du Hip-Hop américain.

Autour du magistral Jamal Woolard, interprète de Notorious BIG, gravite également une distribution d'acteurs au jeu particulièrement « complice », laissant ainsi découvrir au spectateur le cocon familial et musical dans lequel évoluait Wallace. En plus d'Antonique Smith, définitivement bluffante sous les traits de Faith Evans (veuve de Wallace), que dire de plus que ce qu'on ne savait déjà sur la qualité d'interprétation de la Lady Angela Bassett, aussi fière que belle dans son rôle (et ailleurs), femme « Pillier », Digne, Respectable et meilleure Inspiratrice qu'elle fut de son fils.

Couronnée je le répète par une superbe bande-son, « Notorious » se doit surtout d'être vu en VO pour la prestation de Jamal Woolard (qui n'aurait pas volé un Oscar), mais surtout branché sur une chaîne Hi-Fi aux watts impitoyables pour apprécier l’œuvre dans son entièreté. Une belle mention aussi pour l'incendiaire Naturi Naughton dans le rôle de Lil' Kim (avant que l'autoproclamée « Queen Bitch » ne se transforme en bistouri ambulant), et qui a d'ailleurs très mal réagi à l'image et la nature orageuse de sa relation avec Big qui furent véhiculées d'elle dans le film.

Un seul bémol pour Anthony Mackie et Derek Luke qui – malgré leur très bon jeu – ont quand même du mal à se faire « oublier » sous les traits de leur rôle respectif de 2Pac et P-Diddy, personnalités toutes deux aussi complexes que charismatiques et qui, du coup, font qu'on y croit « mal ». Ça n'empêche cependant pas l'effort d'être salué, même si – merde quoi – ça méritait quand même un casting plus "fidèle" et fouillé que celui-là (et ceci, même si Mackie a déjà joué le rôle de 2Pac au théâtre).

Comme tout biopic dont il n'est pas forcément nécessaire d'en raconter la fin puisque tout le monde (en principe) la connaît ; je garde néanmoins un fort souvenir du final, truffé d'images d'archives sur fond sonore du succès international « Hypnotize » de BIG, disparu moins d'un an après son ancien compère Shakur, qu'une guerre médiatique de merde a préféré voir érigé en ennemi juré (voir pour comprendre).

Tout ceci pour dire que « Notorious » est un biopic plutôt PARFAIT dans son ensemble et mérite définitivement d'être vu et, ceci... jusqu'à la FIN du générique de FIN (si t'as vu, tu sauras pourquoi)... Il vient à peine de finir que je l'enchaîne encore une fois... pour la énième fois, et FORT DANS LES BAFLES

Bon kif si ça te parle.

PS : Le rôle de Notorious enfant est joué par son propre fils, Christopher Jordan Wallace Jr ;-)

Notorious Big – Hypnotize

http://www.youtube.com/watch?v=4pflhw9QItc

A l'affiche
Posts récents
Archives
SUIVEZ-MOI
  • Facebook Basic Square

Crédit photo : Tallojah Makandal

  • Laheedjah Tikidanke
  • Laheedjah's ART
  • Laheedjah Tikidanke Art