"Trashitude" se prononce [TED].


... Si j'avais dû ne me fier qu'au synopsis de "TED" et au simple fait de voir Mark Wahlberg toucher au registre de la COMÉDIE, j'aurais tout simplement dit MERDE à ce film. Nan parce que les comédies US genre "Butthead-croc-de-sa-voisine-de-pallier-et-pote-avec-un-bestiau-en-3D-sur-son-sofa" sur fond de BO Rock teen-age : JE PEUX PAS.


Du coup, les résumés sauce "c'est l'histoire d'un gars dont le pote en peluche fout le bordel dans sa vie de couple", ça part généralement à la poubelle sans ouverture, quand c'est pas pour en subir de sous-copies en période de fêtes de fin d'année sur M6 ou TMC à coup d'effets spéciaux suffisamment criminels pour te donner envie de lâcher un verre d’eau dans les circuits de ta télé.


Mais comme pour "Marley et Moi" ou "Hatchi" qui pêchent autant par la mièvrerie de leur promo qu'ils excellent par leurs mises en scène et tournures de scénario, il faut AUSSI VOIR "TED" pour admettre qu'il n'est pas toujours intelligent de juger un film à sa seule bande-annonce en le cantonnant à un simple film "à-voir-en-famille-qui-plaira-aux-plus-petits". Nan nan : tu vois ta bande originale Walt-Disnesque et tout son p'tit posse de fées chantantes sous acide sur ton tourne-disque old-school, Homeboy ? DÉRAILLE-MOI ÇA TOUT D'SUITE.


Car même s'il s'agit à la base d'un visuel censé t'arracher des sourires hallucinés façon "oooooh il est kkkkro mignoooon !!!", "TED" n'est DÉFINITIVEMENT pas pour les enfants (j't'aurais prév'nu), mais bien pour les ANCIENS MIOCHES que nous sommes et qui, quelque part, le sont quand même encore un peu restés au fond de leurs tripes !


Parfois, un seul détail qui tue suffit à cramer le bon gros tas de clichés bien fumant dont on s'est consciencieusement gavé pour se convaincre qu'on "fait bien de ne pas aller voir ce genre de merde", et fait finalement qu'on se tape l'une des comédies les plus prodigieusement TRASH jamais passées par mes billes depuis maintenant une bonne vingtaine d'années. Et le détail qui tue, ici, est tout simplement l'Irrévérence.


De la narration aux dialogues (-> à voir ABSOLUMENT EN V.O.) en passant par la seule idée saugrenue de mettre en scène une peluche dont la bouille est aussi craquante que le comportement est quasi criminogène, suffit clairement à conquérir le spectateur dès les 5 premières minutes du film.


Ça peut paraître pompeux, dit comme ça, mais me concernant c'est simple : aucun film, depuis la saga des ZAZ*** (Top Secret / la série des "Y'a-t'il un pilote / un flic... avec Leslie Nielsen") ne m'a jusqu'ici fait autant de "mal" que ce bon gros fou furieux de "TED", peluche à la tronche irrésistible mais au verbe super sale, qui fume, tise et s'adonne à moult saloperies annexes que même ton "Murphy" sapé en "Village People" ne ferait pas même dans le plus GORE de tes cauchemars.


Hormis le côté profondément barré de ce film et son scénar plutôt téléphoné dans son ensemble (faut l'avouer aussi), "TED" doit surtout son excellence au pouvoir de te faire oublier les effets spéciaux et rendre puissamment vivant ce tas de poils synthétiques, pour en faire un bordel trentenaire fan de Flash Gordon qui parle gras et fait défiler les Biatchs dans son appart' sans que personne ne trouve jamais ça choquant. En fait, tu mates "TED", et tu te dis que c'est la norme.


Parce que tous, autant que nous sommes, avons forcément rêvé au moins une fois que le "doudou" de notre enfance finisse un jour par CAUSER. Avec "TED", c'est FAIT. Maintenant, si t'espères du dialogue en mode "Petit Poney" fusion "Ken et Barbie dirigent un Zoo dans le Kentucky" : OUBLIE.


Mais aussi, en plus de nous faire oublier les prouesses techniques, le message qu'il délivre (puisqu'il en faut bien un dans ce genre de film à "barres") est un bel uppercut envers quiconque s'éclate à confondre respect des différences intrinsèques de l'autre, et volonté de le modeler à son image pour mieux se refléter dans son regard. En gros j'arrête ma science :


T'as rencontré ta Bouille avec ses habitudes et elle t'a plu POUR ÇA ? Viens pas faire chier ton monde une fois que tu décides de "passer aux choses sérieuses" en exigeant d'elle qu'elle change TOUT POUR TOI.


Finalement, "TED" t'explose autant la sangle qu'il te donne envie de renouer avec le VÉRITABLE TOI qui sommeille : cette bouille quelque part au fond de toi qui sait se prendre au sérieux quand il le faut mais n'oublie JAMAIS que la vie est courte, et que laisser parler son côté "SALE GOSSE", parfois, c'est pas mal jouissif non plus pour déguster pleinement l'instant présent.


... Je me rappelle plus à quand remonte, avant ce soir, la dernière fois que j'ai autant HURLÉ de rire en me claquant franchement la cuisse pendant les trois-quarts d'un film, au bord de la réanimation et perdue dans une salle aussi BONDÉE que totalement SATURÉE d'abdos contractés dans une même et indescriptible souffrance.



Bref. Tu veux avoir MAL ? VAS-Y. C'est juste VITAL.



  • NB : Par contre ; commence pas à mater bizarrement ta peluche fétiche en rentrant chez toi : non seulement elle fera rien pour toi à la prochaine pleine lune, mais si c'est juste de la pure discute que t'as envie de tailler avec du bestiau, t'as les perroquets en animalerie pour ça.



*** Zucker-Abraham-Zucker

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Crédit photo : Tallojah Makandal

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