Tree of Life... ou l'Art de faire VOMIR ton lecteur DVD.


Tree Of Life… En voilà un joli tronc bien épais dans tes parois, dis-moi.


Tu mates l’affiche, tu te dis « Oooh… », tu lis le synopsis, tu te dis « Mmmm… », tu vois les têtes d’affiches, tu lâches un « DAMN !!! »… mais 2 h 30 plus tard (avec des avances particulièrement rapides sur les 20 dernières minutes tellement ça devenait illégal)… Tu vomis, ma gueule. Et ton DVD Player aussi...


Tenter de te raconter ce film équivaudrait à lâcher un scud verbal sur lequel même l’ombre de ton cerveau serait infoutue de percuter une fois sorti, du genre :


  • Ok mec donc on y va en tong et hier soir t’as pu aller en Chine ou quoi ? Non parce qu’en fait les hot-dogs ça va pas l’faire pour l’enterrement, donc on achète des fusils à pompe ou pas pour y’a 20 ans derrière chez toi ?


La dernière fois que j’ai subi un bordel pareil, c’était pour « There Will Be Blood ». Le truc que tu te coltines sans avoir le courage d’appuyer sur « STOP », tellement tu bloques et te dis que c’est pas possible, qu’il y a forcément une chute qui va te faire tout piger au moins trois secondes avant la fin, mais en fait NAN. Tu mates, tu perds deux plombes de ta vie à essayer de décoder un truc que même un scanner détectera pas, et tu restes finalement là, interdite comme une hyène souffrante sur ton canap’, à te demander de la gueule de qui le Movieman vient de se foutre.


A la base, Tree Of Life est censé causer d’une famille bien propre sur elle qui perd un fils. Avec tout ce que ça comporte de profils psychologiques supra marqués pour te prendre par les sentiments ; une daronne effacée (et insupportable tellement elle est vide), un Brad Pitt de daron qui mène tout son petit peuple à la baguette, et son plus grand fils qui lui tient tête en pleine Amérique ultra-catho des 60’s. Tu te dis damn, on va avoir droit à du Sam Mendès, en mode « Noces Rebelles » fusion « American Beauty » ou quoi. Un truc bien lisse qui va finir en gros tas bien sale et cramé de partout comme j'aime.


Mais le seul truc qui crame pendant la projection, c’est ta patience et ton besoin urgent de comprendre dans quoi tu viens de te fourrer. En fait, cette famille et ses conflits, tu les vois même pas une heure dans le film. Me demande pas de quoi est fait le reste.


Et puis si je vais te le dire. De RIEN. Ayen, An Tchou, Nada, Tchè Dal ; dans toutes les langues. Parlons à peine de Sean Penn que tu vois pas 10 mn dans le film (6 à peu près), qui parle pas mais réfléchit surtout (« ouais j’aimais mon frère » / « ah la la papa c’était un salaud » -> Terminé), quand c’est pas pour le voir marcher de dos en costard dans le désert à chercher des morts qui finissent tous sur une plage à se rouler des pelles familiales (eeeeuh ouais... ?).


40 mn de fond d’écran high-tech Windows dans tes billes pour débuter le film, avec et sans musiques lyriques (limite compil de chalet), quand c’est pas du carrément muet, à te filmer des plaines et des montagnes, de la pluie, du vent, des arbres, de la beu-her et des marmots qui courent comme des couillons sans but en bord de jardin, le tout surpoudré de murmures insupportables en mode questions de couvent, et ceci PENDANT TOUT LE FILM s’te plaît ; du genre « Dieu, où es-tu ? que fais-tu ? Où vas-tu ? A quelle heure tu rentres et tu penses aux carottes pour le pot-au-feu du dimanche ou bien ? », et qu’on se voit de toute façon pas poser ailleurs qu’au catéchisme ou en attendant la fin d’un prêche qui casse les boules.


Gars, si j’avais voulu me mater un doc sur le Big Bang et les questionnements existentiels sur la vie et la mort réunies en passant par tout le cosmos avec dinosaures mal numérisés à la clé, j’avais National Geographic et Discovery Channel pour ça. … Nan parce que t'as AUSSI des dinosaures dans le film. T’en as un qui crève en bord de lac, et un deuxième qui rapplique et lui plaque inexplicablement la gueule par terre avec sa patte pour qu’il bouge pas. Juste après il se casse et le laisse là. Normal.


En gros, c’est comme si le film te dit, CROIS EN DIEU ou CRÈVE ; le souci c'est que je suis pas venue pour me faire faire la leçon par un cinéaste qui s’éclate à se mater EN TRAIN DE SE MATER et lâcher ça sur 2 h 20 de pellicule, et pour, en fait, raconter peanuts.


Si ma lapine était encore là, elle se serait torchée avec ce cd, et Jean-Claude Van Damme aurait été 308 000 fois plus cohérent en me parlant trois secondes sur une autoroute pas finie que ce film prosélyte ultra-barré pour rien le sera JAMAIS.


Des poignées et des poignées de spectateurs se sont barrés de salle au bout de 5 à 30 mn de projection, je pouvais aller nulle part, moi, et j’ai dû subir ça chez moi, Homeboy ; comment t’appelles ça si c’est pas du Vietnam à domicile. J’aurais pu crever bordel.


Trois piges pour faire ce film. Non seulement je veux voir la gueule du scénariste, mais plus que jamais celle du jury du Festival de Cannes, savoir ce qu’ils ont fumé pour lâcher une Palme d’Or à un attentat psychologique pareil (autant primer René La Taupe en lip-dub à Carrefour avec ses zin-cou en arrière-plan debout sur les caisses ou quoi). Je soupçonne des ingrédients comme le Destop, l’Alcali et des copeaux de bois de portes aux extraits d’amiante. Ca ou rien. Sinon, c’est un complot. Sinon, c’est se foutre de la gueule des spectateurs, et pire encore, se foutre de la gueule de je sais pas combien de véritables cinéastes sans le sou ni carnets d’adresses obèses, qui douillent pour sortir un film et le faire projeter ne serait-ce que dans leurs quartiers.


Je peux pas dire que je suis déçue parce que j’attendais rien. Ou alors si. J’attendais un FILM. Pas un dépliant d’illuminé de secte, pétard sulfurique en coin de gueule, à me marteler dans la gueule sur fond de chants grégoriens que « La Vérité est Ailleurs ». Et en parlant de vérité, tu veux savoir pourquoi le fils est mort ? Bah tu le sauras jamais. Ils l'ont perdu dans le scenar'.


... Vais me mater un « Tueurs Nés » tiens. Pour compenser. En matière de film bien barré qui raconte quelque chose, LA, je vais être servie.


(Messages à MM Brad Pitt et Sean Penn : refaites JAMAIS ça j’crois qu’c’est clair).


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Crédit photo : Tallojah Makandal

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