Sur une Photo.


Denise n’estimait plus devoir attendre quoique ce soit de la vie ni des autres. Adrien, son fils, a tout quitté par amour pour une dulcinée qui ne lui a rien donné en retour. Honteux de ne l’avoir pas écoutée et d’avoir préféré l’évincer de sa vie lorsqu’elle lui fit part de son intime conviction qu’il perdait son temps avec une plantureuse et ravissante idiote, il ne lui donna plus de nouvelles. Son homme, quant à lui, considérait lui avoir donné suffisamment de son temps, lui préférant, à elle aussi, une plantureuse et ravissante jeune femme. Sauf que celle-ci était tout sauf idiote. Elle lui avait redonné le goût de toutes choses. Vivre, rire, faire l’amour. Aimer, tout bêtement, sans artifices inutiles tels la nuisette hors de prix qu’on se surprend à porter au bout de 17 ans de routine pour les beaux yeux d’un indifférent, et pour, au final, se sentir aussi aguichante en la portant qu’en s’enfilant un sac poubelle sur la tête.


Sa famille, à Denise, est aussi dispersée que fausse. La mère qui ne pense qu’à travers la bouche de son mari. Le mari, qui, lui, considère sa propre femme aussi indispensable qu’une peau de chamois étalée de tout son long sur un buffet en merisier. Le pur ustensile qu’on ne se félicite d’avoir acquis qu’au début, et dont on n’estime plus la valeur au fil du temps, son unique fonction étant de servir. Non d’être aimé. Elle ne réalise même pas qu’elle est malheureuse. Elle croit qu’elle n’a que ce que le Bon Dieu a bien voulu lui donner et ne cherche pas à lutter. … Qui, d’ailleurs, cherche à lutter à 76 ans.


Denise n’a que quelques amies. Superficielles. Le genre de relation qu’on n’entretient que les jeudis soirs, en buvette de fin de réunion de démonstration d’appareils ménagers. Elle n’écoute jamais ce que l’oratrice décrit, quand elle s’emploie à faire fonctionner, tant bien que mal, l’aspirateur dernier cri financé par ce comité de fraîches cinquantenaires abandonnées par leur famille. Elle n’écoute pas. Elle rêve tout simplement qu’un jour, l’être humain capable de la ressusciter, qu’il soit homme, femme ou enfant, vienne un jour frapper à sa porte pour qu’elle tombe dans ses bras, les larmes aux yeux, laissant la joie illuminer son visage autant qu’elle en torturerait les traits. Elle espère que ce jour viendra. Elle n’attend même pas l’amour avec un grand A, même si l’idée la séduit. Et puis à quoi bon mentir. Elle n’attend que ça. Elle pense même ne vivre que pour ça. Bien que ses journées ne se limitent qu’aux visites de voisinage ; passer voir Emilie qui passera les trois quarts de son temps à critiquer la moitié de l’immeuble, un coup de fil à Lise qui ne percevra que trois mots dans toute la conversation, et un autre appel à sa mère, avec laquelle elle fait semblant d’être en bons termes, simplement parce qu’on lui a toujours appris qu’on n’a qu’une seule mère. Elle se dispenserait volontiers de l’appeler. Mais les retombées s’avéreraient plus pathétiques si elle s’écoutait plus souvent. Elle l’appelle, donc. Par politesse. « Bon anniversaire ». « Bonne fête ». « Joyeux Noël ». « Meilleurs Voeux ». Le genre d’esprit de famille, qui, de cœur, n’engage absolument personne.


Ce lundi, enchaînement d’un week-end aussi pluvieux que médiocre en activités, se montre, pour le petit bonheur de Denise, aussi ensoleillé qu’un dimanche de mois d’août. Alors qu’on n’est en avril. Sa rituelle petite course du lundi matin au marché de son quartier lui nécessite une petite trotte, qu’elle préfère considérer comme une promenade. Elle y croise souvent Mehdi, le petit garçon de sa voisine de palier, qui se propose parfois de l’aider à porter son maigre panier composé de salades et de poivrons verts, et de profiter de ce court instant pour lui raconter ses petites chamailleries avec son frère cadet, qui a toujours plus le droit de sortir que lui.


Mehdi n’est pas là ce matin. Elle fera donc le chemin toute seule. Ça ne la dérange pas plus que ça. Ça agace, parfois, les paroles d’enfants. Même si on les aime beaucoup. Denise, elle, les aime démesurément. Elle en aurait voulu plus qu’un seul, qui aurait pu rester près d’elle et au moins l’appeler un week-end sur deux. Adrien lui manque. Et un fils qui manque peut torturer un cœur en prenant n’importe quelle apparence imaginable. Ça soulage Denise que Mehdi ne soit pas là. A force, il lui rappelle son fils. A force, elle a envie de l’inviter chez elle. A force, elle pourrait confondre leur prénom. A force, ça pourrait la tuer.


Mais une autre jeunesse s’avance vers elle. Très rapidement. En vélo. Elle va tellement vite qu’elle manque de la percuter. Elle l’évite de justesse. Mais elle se fera quand même mal. Denise connaît aussi cette jeunesse. Jolie demoiselle du prénom d’Aurore. Juste un genou égratigné. Rien de mal. Denise l’aide à se relever en lui formulant quelques remontrances qui semblent n’avoir d’effet que sur celle qui les prononce. Aurore la remercie très rapidement avant de reprendre son trajet. On sait ce que ça vaut, une femme seule. Elle paraît toujours trop tendre, trop souriante, trop douce. Trop collante. On ne cherche donc pas à entamer la conversation avec une femme seule. Tant pis. Denise non plus n’a pas spécialement envie de parler. Elle s’apprête aussi à reprendre sa route après s’être dépoussiéré les mains, entachées par la poussière du sol graveleux du square qu’elle traverse, mais un regard attire son attention. Un regard d’homme. Un bel homme. Etendu par terre, l’expression aussi charmante que figée. Le visage aux traits magnifiquement dessinés. Sur une photo. Légèrement encornée sur les côtés. Denise a horreur des gens qui ramassent les choses qu’ils trouvent par terre. C’est sale et honteux pour elle. C’est pourtant son instinct qui l’engage à ramasser cette photo et la glisser entre deux billets dans son portefeuille. Le tout sans avoir manqué de regarder tout autour d’elle, vérifier si personne ne l’avait vue faire. Elle aurait pourtant pu faire semblant d’avoir fait tomber son panier au sol pour ramasser cette photo en même temps ; cette photo qui, bizarrement, faisait battre son cœur.


L’homme était effectivement beau. … « Etait ». On ne sait même pas s’il est encore de ce monde. Denise s’en inventera un bien à elle. Un monde dans lequel ce bellâtre, qui semble, comme elle, donner dans la cinquantaine, aura une place prédominante dans sa petite vie sans éclats. Ce sera lui, l’homme de sa vie. Qui pourra la contredire, puisque personne ne sait rien d’elle ?.


Elle n’avait plus vraiment faim. Arrivée au marché. Elle se surprenait à regretter de n’avoir trouvé qu’une photo. Elle aurait préféré un portefeuille. Une carte d’identité. Lui donner de quoi espérer retrouver la trace de cet inconnu qui, en une fraction de seconde, lui donnait envie de croire au Prince Charmant par excellence. Denise n’est pas laide. Elle est encore belle. Mais elle ne le sait pas. Elle ne se donne pas non plus les moyens de le découvrir. Elle vit seule. « Pourquoi se fignoler l’apparence, lorsque personne ne vous attend chez vous ? » se plaît-elle à répéter. Personne ne cherche à la contredire. Les paroles réconfortantes qu’on lui adresse ne sortent que de la bouche des femmes. Qu’une femme dise à une autre qu’elle est encore belle passe pour de la futilité. « Tu es encore belle ». « Tu ne fais pas ton âge ». « Tu plais encore ». « Tu trouveras forcément quelqu’un ». Ça aura plus d’importance lorsqu’un homme le lui dira. A son âge, se dit-elle, on ne flatte une femme que parce que c’est sincère. A son âge, on n’a plus le temps d’être l’objet sexuel d’un homme. On est la femme avec laquelle on a envie de se poser, parce qu’il n’y a plus d’obstacles à contrer pour l’atteindre. Elle se verrait bien au coin d’une cheminée dans un chalet, avec cet homme rêvé, plus disposé à lui faire écouter du Brahms que l’emmener en boîte de nuit et lui susurrer des hypocrisies à l’oreille. Elle n’a pas besoin de ça, même si elle ne l’a jamais vécu. Le père de son enfant l’a approchée aussi sommairement que bêtement. Il n’y a donc, pour elle, pas lieu d’attendre de vivre ce qui ne lui a jamais donné envie. Mais qu’on l’aime, tout court. Le plus simplement possible.


Elle s’est contentée d’acheter ses poivrons, sans grande conviction, et regagner son appartement. Cette fois, sans allumer sa télévision. Encore moins consulter son répondeur. Même si un message l’attend. Pourquoi le consulter, d’ailleurs. Ça ne sera personne d’autre que sa mère. Cette bienvenue.


Son téléphone sonne. Cornélia à l’autre bout du fil. Sa petite sœur. La seule avec laquelle elle pourrait entretenir une relation sincère. Si elle n’habitait pas si loin. Au fil de la conversation, des plus conventionnelles, il lui vient soudainement l’envie de lui mentir. Le monde qu’elle s’est promis de s’inventer prend forme. Un sourire se dessine sur son visage, et elle enchaîne les mensonges. Elle le connaît depuis longtemps. Mais les déceptions passées lui ont tellement brisé le cœur qu’elle a préféré garder cette relation secrète. A présent qu’elle est sûre que celui-là est l’homme de sa vie, elle se décide à en parler. A sa sœur, logiquement. Cornélia semble aussi interloquée qu’heureuse pour elle.


- Tu me le présenteras ?

- … Un jour.

- Tu as peur qu’on te le vole ?, comment s’appelle-t-il ? … Mais dis-moi, Denise ! il te comble au point de te faire oublier son nom ?

- Maxime.

- Il travaille ?

- Pourquoi toutes ces questions ? qu’est-ce que ça peut faire, du moment qu’il me rend heureuse ?

- Quand on est heureuse, en général, Denise, on parle toujours à outrance de celui qui vous métamorphose !

- Il travaille dans une agence de voyage.

- Il est plus jeune que toi ?

- … On travaille encore à 52 ans, Cornélia.

- Ce n’est pas ce que je voulais dire ! tu le prends mal, mais j’aimerais quand même que tu me le présentes.

- … Bientôt.


On sonne à sa porte. Son cœur s’emballe inutilement. Elle se persuade déjà que Maxime fait partie intégrante de sa vie et qu’il vient lui rendre visite.


- Je dois te laisser ; on sonne à ma porte.

- C’est lui que tu attends ?

- Tu le sauras bien assez tôt. Je t’embrasse et je t’appelle demain.


Cornélia répondait à peine à son salut expéditif que Denise avait déjà raccroché. Une déception injustifiée s’afficha sur son visage, lorsqu’elle vit le petit Mehdi sur le pas de sa porte. Il venait simplement lui réclamer du sel. Chose courante entre voisins. Elle lui tendit un petit pot de sel bien rempli, sans trop s’aventurer dans des conversations de voisinage de palier, et referma la porte derrière elle. Mehdi a dû, lui aussi, se poser des questions. Ce ne sont pas dans les habitudes de la voisine pipelette en mal d’affection d’écourter les visites de courtoisie. Mais qu’importe. Il avait son pot de sel et lui rendrait, comme à chaque fois, le lendemain avant d’aller à l’école, avec les plus vifs remerciements de sa mère. Qui ne sort jamais de chez elle.


La gorge serrée, elle fut prise de timides sanglots. Pourquoi une simple photo l’amenait à dire de tels et stupides mensonges ?… par la peur de réellement finir ses jours seule et vraisemblablement entourée de personnages aussi malchanceux qu’elle.


Elle s’est pourtant plue, les jours suivants, à combler les vides de son existence d’anecdotes les plus loufoques. Les réunions de ménagères lui servaient de plus en plus à tisser sa toile d’inventions auxquelles tout le monde finissait par croire, tant la volonté de les vivre mélangée à la persuasion de les avoir vécues se lisait sur son visage. Elle avait même fini, au fil du temps, par être heureuse, oublier qu’Adrien ne l’appelait plus, et que sa mère ne pourrait jamais l’aimer plus qu’elle ne s’aimera sans doute jamais elle-même. Plus rien n’avait d’importance. Elle comptait sa monnaie pour agrandir cette photo-maton encornée, l’encadrer et la placer parmi ses autres portraits qui encombraient le bahut de son petit séjour. Elle s’endormait le soir et se réveillait le matin avec le souvenir de ce Maxime. Elle le sentait l’entourer de sa chaleur d’homme mûr pour l’accompagner dans son sommeil et l’éveiller dès la première heure. Elle commençait à se maquiller, se remettait à la purée de brocolis et s’était même interdit de grignoter ses paquets de chips et ses tablettes de chocolat noir, pour perdre ces rondeurs de grande dame qui désormais paraissaient insultantes à son évolution. Elle attirait le regard de son voisinage, qui la reconnaissait de moins en moins. Elle commençait à se trouver belle. Sa langue se déliait tant chaque jour un peu plus qu’elle finissait par croire ce qu’elle disait. Les gens qui l’écoutaient cependant, s’étonnaient tout de même de n’avoir jamais vu l’objet de toutes ces transformations. Où et qui est donc ce Maxime qui avait fini par l’emmener dans ce chalet dans les Alpes ?, toute cette semaine durant laquelle elle était partie s’occuper de sa mère, radotante et insupportable au point de faire venir sa fille esseulée en rase campagne auprès d’elle, dans l’unique but d’être rassurée que ses grands enfants l’aiment encore et prendront toujours soin d’elle… ?.


Les semaines passèrent, les mois s’enchaînèrent, jusqu’au jour où elle croisa à nouveau la route de la petite Aurore. Cette jolie demoiselle qui s’était égratigné le genou pour éviter de la renverser avec son vélo. A elle aussi, l’envie lui prit de lui raconter ce bonheur virtuel qui n’engageait qu’elle. Aurore, tout de même enchantée de la savoir heureuse, poursuivait la conversation, avec la curiosité grandissante de faire la connaissance de cet être tant chéri. L’enthousiasme qui transportait Denise la conduit donc à lui montrer cette photo qu’elle gardait toujours posée sur son cœur, quel que soit l’endroit où elle se rendait. Le visage de l’enfant blêmit à la vue de cet homme au sourire charmeur et à la chevelure poivre et sel. Bien qu’elle continuait à parler de tous ces séjours passés avec « son » homme, Denise remarqua ce changement brutal d’expression sur le visage de la jeune enfant, qui lui souhaita tout de même d’être heureuse encore longtemps car elle le méritait, puis elle s’éloigna, plus nerveusement que les autres jours, sur son vélo.


Quelques jours encore passèrent, et on sonna à sa porte. Une jeune et ravissante femme blonde, aux allures de membre d’association de parents d’élèves, le sourire crispé, la silhouette fine et la chevelure retenue en chignon de fortune, se présenta très poliment à elle. Peut-elle entrer ? bien sûr. Qu’elle se donne la peine.


- Je suis la mère de la petite Aurore.

- C’est une très gentille fille, j’aime bien parler avec elle.

- Elle me dit la même chose de vous. Elle sait que vous êtes gentille.

- … Elle « sait » ? pourquoi penserait-elle le contraire ?

- Parce qu’elle sait que vous avez un bon fond. Que vous ne voulez pas de mal aux gens. Et que, par conséquent, vous n’inventeriez pas des choses uniquement dans le but de les compromettre dans des histoires fâcheuses.

- … Je ne comprends pas.

- L’homme dont vous lui avez parlé, c’est son père.

- (Denise devient pâle)… Son père ?

- Maxime Lefort. La photo que vous lui avez montrée est celle qu’elle a perdue le jour où elle a failli vous renverser. Les nouvelles vont vite et j’ai su que vous parliez souvent de lui autour de vous.

- (Elle ne cherche pas plus longtemps à mentir) Mais ça ne peut pas être lui ; j’ai inventé son prénom… !

- Je veux bien vous croire, Madame Denise. Je dirais simplement que le hasard vous a joué un bien vilain tour, car son père s’appelle réellement Maxime. … Je ne suis pas venue demander d’explications, rassurez-vous. Je suis seulement venue vous demander de sortir du rêve dans lequel vous vivez. Aurore vit avec son père et…

- (Toute affolée) Sait-il toutes ces choses que j’ai dites à propos de lui ?

- (Elle la rassure d’un sourire étrangement tendre) Il ne sait rien, n’ayez crainte. Pour l’instant, il est absent et c’est moi qui ai la garde de ma fille. Je souhaitais tout simplement vous dire que notre séparation a été suffisamment douloureuse pour elle et d’entendre ce genre de choses pourrait la blesser plus que vous ne le pensez. J’aimerais juste que vous arrêtiez, Madame Denise. Ce que vous faites n’est intelligent ni pour ma fille, ni pour vous.


Denise éclate en sanglots. La mère d’Aurore, qui n’était pas venue pour la réprimander, se sentait mal devant son désarroi. Elle lui prit la main pour la réconforter.


- … Je vous demande pardon.

- … Vous êtes une belle femme, Madame Denise. Pourquoi vous inventer des histoires, alors qu’il vous appartient de réellement les vivre… ?

- Je ne sais pas ce qui m’a pris. Je l’ai trouvé beau. J’ai aimé son regard…, il semblait y avoir tant de choses dedans … J’ai vraiment eu envie de croire qu’il pouvait m’aimer. Je n’ai que son image pour rêver. Il était jusqu’à présent la seule chose qui me permettait de croire que j’avais, moi aussi, droit au bonheur… je vous demande encore pardon.

- (Elle lui caresse les cheveux)… Mais je n’ai rien à vous pardonner, Madame Denise, je n’ai qu’à vous comprendre. Vous trouverez quelqu’un. Je le sais, j’en suis persuadée. Sachez que c’est déjà le fait de croire à toutes ces choses qui vous a permis de prendre conscience de votre bonté d’âme et, surtout, de votre beauté extérieure. Je sais qu’un jour, vous vivrez le bonheur que vous méritez. Je ne vous en veux pour rien. Je vous demande seulement d’en parler à Aurore, avant que tout ça ne l’atteigne vraiment.

- … J’y veillerai. Je vous remercie d’être venue me voir pour cela.

- … Mais je vous en prie, Madame Denise.


Elle s’approcha de Denise et embrassa son front. La grande dame attendit de raccompagner la jeune maman sur le pas de sa porte, avant de s’effondrer dans son couloir. Et se retrouver à nouveau seule. On ne lui réclama même pas la photo. Ce n’était qu’une photo. Et qu’est-ce qu’une photo, sinon un regard ou un sourire qui vous fixe et suscite en vous autant de sentiments que la nostalgie, l’envie, l’amour, l’humour, la tristesse ou la haine. Elle ne manquera pas de la déchirer, cette photo, une fois son chagrin passé. Elle est habituée. Aux chagrins. Et elle s’en remettra.


Quelque chose cependant lui permettait de croire que tout n’était pas fini. Que l’être humain, réel cette fois, qui la transformera encore, n’est plus très loin d’elle. La sonnerie de son téléphone qui, soudainement, retentit, lui parut d’une douceur indescriptible. Elle se leva pour y répondre, sans chercher à deviner, pour une fois, qui avait la bonté d’appeler. Elle décrocha... Et cet homme au bout du fil...


- … Maman ?

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Crédit photo : Tallojah Makandal

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