2012 - Une leçon de FIN DE VIE.



Quand j'ai vu Terminator 2, je me suis dit "c'est fini, après ça, y'a plus rien derrière". Titanic plus tard, je me suis dit "nan nan, cette fois c'est vraiment mort, y'aura vraiment plus rien derrière". Mais là je viens de voir 2012. Et je doute vraiment, même en fouillant au plus profond de mes convictions, qu'il puisse concrètement avoir quoi que ce soit derrière ça. Ou alors si. La simple réalité. C'est-à-dire plus rien. Le néant et nous dedans. En sortant de projection, on ne sait pas quoi dire, on se sentirait presque indécent de réduire l'importance d'un tel film à ses effets spéciaux - dont personne ne pourra jamais contester l'ultime souveraineté, le furieux prodige, l'ingéniosité dévastatrice. Je me sentirais indécente également de sortir de salle et me contenter de m'enflammer sur des "wooh", "mortel", "génial" ou autre "trop bon ce film" et bêtement reprendre une vie tranquille sans rester profondément perturbée par un tel film. 2012 ne peut se contenter d'être un grand spectacle, bien que malheureusement pour nous il le soit. Je ne peux me limiter à le voir comme un simple divertissement haut de gamme, mais plutôt comme un supplice visuel qui prend la forme du pire des avertissements qu'il m'aura jamais été donné jusqu'ici de me prendre dans les orbites. Roland Emmerich, spécialiste en la matière, a cette fois tout donné, tout mis, tout détruit surtout. Il te fait sentir à quel point au jour J tu ne seras rien aux yeux de ceux qui dans les Hautes Sphères savaient déjà et auront préféré sélectionner une élite aux critères douteux pour reconstruire le monde après le chaos (ça ne surprendra personne s'étant déjà intéressé de près aux Projets des Maîtres du monde). Comment sortir de là simplement extasié sans réfléchir à sa condition humaine aussi chancelante que pleinement responsable de la fin qui nous est promise ? Comment ne pas avoir envie de rentrer son poing dans la mâchoire des moqueurs de tout ceux qui défendent de près ou de loin l'écologie en les traitant de hippies et autres baba-cool écolos mal sevrés alors qu'il s'agit ici de parler d'un globe agonisant sur lequel nous vivons tous (incluant ces mêmes moqueurs qui appelleront les jupons de leur mère en se faisant dans le froc une fois le désordre enclenché) ? 2012 ne nous apprend rien que nous ne sachions déjà, sauf qu'il met une image sur la menace, qu'il la personnifie, lui fait prendre corps et illustre de la façon la plus probable, réaliste et plus rationnelle qui soit, la violence avec laquelle notre monde prendra inévitablement fin. Je n'ai pas réussi à rire ou applaudir aux répliques propres aux anti-héros de services dont les profils psychologiques sont tant sans surprise que récurrents (divorcés, enfants rebelles et amoureusement recollés sur le tard avec les ex-femmes), encore moins m'enthousiasmer devant la prouesse (totalement déstabilisante) des effets spéciaux. Je n'ai pu que rester là et me prendre cette interminable raclée, du genre de celles quasi permanentes qu'on entrecoupe d'un seul cheveu de répit et laissent le spectateur rarement indemne. Qu'on adhère ou pas à la prophétie, mais se poser la question de l'utilité d'un tel film, du message qu'il véhicule et l'intensité avec laquelle se le prendra le spectateur serait un moindre mal. Et 2012 alerte assurément moins sur l'état d'une planète à sauver in extremis qu'il ne le fait bien plus violemment sur le peu de temps qu'il nous reste à vivre. Emmerich ne nous invite pas à nous remettre en question, ni "agir-avant-qu'il-ne-soit-trop-tard", il nous invite juste à venir voir à quelle sauce la Terre Mère a l'intention de nous bouffer. La question n'est donc plus de sauver les meubles, mais plutôt de savoir avec quel degré de motivation on décide de profiter de notre existence avant de rentrer une bonne fois pour toutes dans le mur. Formidable ironie : seule Mama Africa s'en sort. Défaitistes convaincus de tous bords, 2012 servira définitivement votre cause.

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Crédit photo : Tallojah Makandal

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