W. - L'improbable FILM.


Gâté, Homeboyz … le film est gâté…


Fan inconditionnelle de la première heure de la filmograhie d’Oliver Stone, il m’avait suffi de voir l’affiche dans les rues de Paris pour partir en flammes et me dire : "WOOOH !!! Bush va s’faire fonsdé, ça va cramer de partout !!!!". Mais une interview de Stone à France Inter tôt le matin dans mes feuilles au réveil avant d’aller taffer et la fumée s’est évaporée. La presse l’a trouvé "étrangement complaisant". Stone ? gentil ? avec Bush en plus ?... tu fumes ?


Mais malgré ce pavé bien fraîchement plaqué dans mes dents à l’écoute de cette interview, malgré le jugé décevant et trop mièvre "World Trade Center" d’avant (et que j’ai carrément préféré ne pas voir), et malgré la quasi-unanimité (ici mais aussi aux US) sur la désagréable surprise qu’à généré ce fameux "W.", j’ai quand même tenu à y aller. Et il en résulte que ce sera peut-être la dernière fois que je filerai mes liasses à Stone.


On s’attend à une puissante déculottée contestataire à l’arme blanche avec un écran en lambeaux laissé pour mort au générique de fin, on a eu droit à "La Petite Maison dans la Prairie" sauce 2008 avec pour toile de fond les questions existentielles de Junior qui comprend pas pourquoi papa lui préfère son petit frère.


Une musique de fond tellement sirupeuse et cucu, ultra présente et sonnant quasiment façon "oh le pauvre" à vos oreilles vous met carrément mal à l’aise, tant on tend à croire que la satyre voulue par Stone (chez moi ça s’appelle "tentative de réhabilitation") semble plus être un appel à la tolérance pour un bon p’tit gars du Texas au mauvais endroit et au mauvais moment qu’à une diatribe bien de chez lui, une verve qui semble terriblement lui manquer désormais, et à laquelle il nous a jadis si bien habitués. Pas une séquence, pas un demi-passage où on sent ce qu’a voulu justifier Stone après la sortie de ce film, à savoir qu’il dépeint Bush comme l’une des personnalités « les plus décevantes » du monde. Non, au contraire, plus on avance dans le film, plus on se dit « merde, le gars était plein de bonne volonté, il a fait tout ça pour que son père le remarque, et puis il n’était entouré que de gros méchants et bien gras vautours, il ne savait même pas qu’il avait déclenché la guerre en Irak pour rien "ah ouais comment ça ??? y’a jamais eu d’arme de destruction massive chez Saddam vous m’avez couillé ??" -> ....


On pourrait marcher si on se limitait à cette seule vue d’esprit. On pourrait croire alors que le gars, décrit comme plus con que méchant, n’a tout simplement pas eu de chance et que tout ce qu’il voulait c’était ramener la paix et faire tous les êtres humains du monde se tenir la main pour faire une ronde autour du globe, "parce que seuls les Américains savent le mieux faire la différence entre le Bien et le Mal", parce que "Jésus l’a mis là où il est et qu’il a une mission divine à accomplir et que, comme Moïse, d’abord piètre orateur pour ensuite devenir un véritable Messager, lui aussi y arrivera". Youpi et ton splif à la Javel tu l’déposes quand.


Si la prestation de Josh Brolin est à saluer (surtout pour le mimétisme, la ressemblance physique était moindre), j’ai légèrement regretté le choix de Jeffrey Wright pour le rôle de Colin Powell (pas assez de carrure ; il jouait le rôle du frère photographe de W Smith dans "Ali") et n’ai carrément pas supporté Thandie Newton dans celui de Condolezza Rice. (ça devient récurrent là ; elle m’avait déjà soulée dans "A la Recherche du Bonheur" et "Beloved"). Soit elle l’imite super bien et Rice est aussi raide et crispée qu’un lapin empalé sur un pic – nan ; UN TRONC DE BAOBAB, soit elle dénature l’individu jusqu’aux tréfonds de la supercherie et sombre dans une caricature des plus inénarrables qui soient (rictus abusivement clownesque).


Et puis nan j’en rajoute encore une couche sur Brolin parce que j’ai pas compris le choix de ce mec pour un rôle comme celui-là. Ça veut pas dire qu’il s’en est mal tiré : au contraire il s’est bien démerdé. Mais ça fait des années que je regarde Anthony LaPaglia sous tous les angles dans ma télé et que je me dis "si jamais on fait un film sur Bush, faudra le prendre LUI".


Forcément il faut que ce soit Stone qui fasse ce film (trop vite, trop tôt, allons-y franchement : trop EXPRES), mais qu’en plus il en fasse une merde supra conformiste totalement indigne de lui et prenne un acteur qu’on n’attend pas (double déception).


On aurait pu en rire s’il ne s’agissait pas d’Oliver Stone. Mais nan. C’est bien du Stone. Ca vient bien du même gars qui nous a lâché des scuds comme JFK, Any Given Sunday, Les Doors, tueurs Nés, Nixon, Heaven & Earth ou encore Né un 4 Juillet.


Ça se contente pas d’être bâclé. Ça se focalise surtout sur le misérabilisme au goût de télé-réalité façon "3 mois chez les Bush" ou ce genre de cochonnerie télévisuelle, sans jamais chercher à franchement s’arrêter sur les pires saloperies commises par ce gars que Stone appelle un "improbable président".


On dira donc que son film l’est tout autant. Improbable.


Bush-it. M’rattraper sur JFK. TOUT D’SUITE.

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Crédit photo : Tallojah Makandal

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