Aliker - Nécessaire

Ok Homeboyz… de retour de projection et avec un peu de retard j’avoue, une petite chronique sur Aliker comme promis, que j’ai vu en début de semaine sur Paris.

 

Sachant tous de quoi il s’agit je passerai sur l’histoire pour surtout m’arrêter sur la prestation car c’est pour moi ce dont il est ici question. Nul besoin non plus de disserter sur le nombre de spectateurs - allons-y franchement : Brothaz - dans la salle (bon allez c’est plus fort que moi : 25 spectateurs dont 8 Afros en tout trankil nan ? ça c’est du move !!!! shi-iiit…) ; autant se concentrer sur l’essentiel : la réalisation. Le jeu. Le degré de conviction avec lequel il a été livré.

 

Et il en résulte que Deslauriers a fait un bon film. Le défaut que j’y trouverais si je devais absolument en chercher serait le problème des prises de vues, que j’ai trouvées très focalisées sur les acteurs, moins sur l’environnement ou les décors, qu’on ne voit que très peu. Mais ce serait chercher la petite bête, surtout quand on sait les difficultés dans lesquelles s’est déroulé le tournage. On passera donc dessus car avant toute chose – et comme l’a si bien dit une amie à moi : ce film a le mérite d’exister.

 

Concernant le jeu d’acteur, j’ai autant envie de saluer le travail de Stomy Bugsy que d’en regretter par endroit son manque de stabilité. Adepte que je suis du chi-chi en tout genre, j’aurais préféré jusqu’à voir son vrai nom à l’affiche – Gilles Duarte – plus adulte qu’un Stomy Bugsy dont la consonance se réfère encore un peu trop à son ancien côté show-biz dont l’attitude, le phrasé et parfois la démarche en restent encore si empreints qu’on peine à croire en l’homme censé se fondre dans un personnage historique des années 30. On y croit parfois, même très fort parfois, et d’autres fois, on bloque.

 

En rien pourtant Duarte (désolée hein ; Stomy ça passe pas) ne s’est tourné les pouces, il a cru en son travail et sa conviction s’en est ressentie. L’émotion et la colère n’ont pas manqué à l’appel et on les lui doit en très grande partie pour ce film. En cela je salue son effort car il est louable et lui promet une carrière honnête s’il persiste et mûrit son jeu dans la catégorie dramatique. Il s’était déjà bien démerdé pour Neg Maron (que j’ai ADORÉ), et il n’y a aucune raison pour qu’il n’y parvienne pas dans le futur.

 

Duarte, que j’ai par ailleurs trouvé très beau en costume d’époque et qui m’a profondément touchée par son créole martiniquais (sorry mais là c’est le cœur qui parle), réussit à garder l’intérêt vivant tout au long du film, tant par sa présence que – bizarrement – par cette timidité qui le rend particulièrement émouvant, à tel point qu’il en arrive presque sous certains angles à faire d’Aliker un nourrisson au regard de tueur et doté d’une fureur de Lion.

 

« Aliker », dont le film est selon moi plus centré sur les derniers jours de la vie de l’homme en lui-même que l’histoire même du journal « Justice », des corruptions dans les Hautes Sphères ou de l’histoire de l’île de la Martinique, n’en reste pas moins nécessaire tant par son existence que par le respect qu’on lui doit pour avoir autant « souffert » avant de voir le jour.

 

Egalement de sincères félicitations tant pour le reste de la distribution (Lucien Jean-Baptiste, Serge Feuillard, Patrick Rameau ; TOUS), que pour les figurants du film que j’ai vraiment aimé voir jouer, cette attitude, cette détermination dans le geste et cette douce-agressive intonation dans ce créole, ce "tchip", ce regard, ce tout qui, que je le veuille ou non, me rappelle définitivement à quel point je suis AUSSI Antillaise.En conclusion et si vous avez encore le temps, par solidarité et remerciements pour l'initiative, please, allez voir ce film.

 

NB :

 

Quelques infos techniques :

 

Lucien Jean-Baptiste

 

Acteur et réalisateur de "Ma Première Etoile", fut surtout au départ un acteur de doublage et voix de pléthore d’acteurs Afro-Américains comme Jamie Foxx dans "Any Given Sunday", ainsi que l’officielle de Martin Lawrence ou encore Will Smith.

 

Serge Feuillard

 

Interprétant Monnerot (avec une ressemblance frappante) est la voix française du Capitaine Kragen dans New York Unité spéciale…

 

Voilà c’est tout pour moi, Homeboyz.

 

Tcha-tchao.

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Crédit photo : Tallojah Makandal

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