Je vous salue Mary, pleine de VIBES...


Dimanche 11 juin 2006 - Zénith de Paris....


Des semaines d'attente et enfin le jour J arrive. On se lève déjà hystérique, chantant sous la douche, sautillant en s'habillant, souriant presque pour rien :-D, à la seule idée de revoir sa Queen sur scène, la voir chanter "pour de vrai" encore une fois, devant soi, pour soi, rien que pour le plaisir de sentir encore ses tripes se soulever et tout défoncer à l'intérieur, sentir sa gorge se serrer, lâcher sa passion comme un jour de naissance, une fois que la Queen aura pris le micro et nous aura entonné ses standards, des plus undergrounds jusqu'aux plus commerciaux. Mais qu'importe, c'est elle, ma Queen, ma Sista, ma Mary Jane.


Le coup de foudre dure maintenant depuis 12 ans, c'est parti d'une après-midi où sa voix, escortée d'un sublime sample de Curtis Mayfield, a surgit de la radio, "Happy". Sans savoir qui était cette femme je suis allée en magasin, chanter son air à une jeune fille au rayon "Musique US", pour qu'elle me dévoile enfin son nom, et, tombée sous le charme, j'ai franchi le pas, et depuis l'étincelle, quand elle se déclenche, embrase toujours avec la même violence, ravage et laisse toujours les mêmes dégats derrière, donne encore et toujours envie de se laisser attirer, séduire, piéger et consumer par elle. C'est une mante religieuse de la soul. C'est Mary. Cette femme qui m'arrache des sanglots quand elle hurle, quand elle raconte une histoire, quand elle la vit, quand elle enrage de la vivre, parce que c'est une histoire qui a souvent fait mal. Revenir voir Mary est comme une leçon qu'on refuse de tirer après une belle raclée, on y revient comme si la première correction n'avait pas suffi, comme si finalement on la recherchait cette raclée, cette pluie de vibes qui te tombe dessus comme des coups, c'est presque du masochisme, une punition, c'est Mary.


On y va, l'espoir d'être nombreux et la peur de ne pas être assez, oubliant presque qu'on y est déjà soi-même, on s'inquiète de savoir combien on sera, combien aimeront, combien détesteront, combien participeront, combien s'en souviendront, combien ignoreront... combien.


Après une première partie de bonne qualité (le Frère Rock et Soul Van Hunt, et plus tard la troupe de danseurs Hip Hop "616 Crew" sur une musique mixée par DJ Kost), la Queen se fait attendre, les techniciens et les éclaireurs jouent avec nos nerfs, les lumières s'éteignent, se rallument..., puis finalement s'éteignent. Une bonne fois pour toutes.Les choeurs s'élèvent, "Thank You", un interlude de "Share My World", durant lequel, avant même d'entrer en scène, par sa voix suave et colorée qui s'élève en coulisses, nous remercie déjà, Dieu, Public, Amour. Au son de cette voix qui grandit, le public s'enflamme, on sait qu'elle est là, qu'elle va faire son entrée, qu'elle commence à peine à nous transporter, qu'elle va nous terrasser, et rien qu'à cette idée qui tarde, l'attente est insupportable, la voix ne suffit plus, puis c'en est fini de l'attente, en scène, tel un Ange, elle entre, fou, le public se lève, plus personne n'est assis, les mains levées forment presque un champs de hautes herbes bousculées par le vent, les coeurs s'emballent, les voix se cassent, les gradins tremblent, les pieds martèlent comme des marteaux piqueurs, les plus inconditionnels chantent avec elle, récitent presque avec elle ce pot-pourri avec lequel elle débute immanquablement chacun de ses concerts depuis plus d'une décennie, "Real Love", "You Remind Me", "Reminisce", "All Night Long", les plus avertis savent, les autres découvrent à peine.


La Queen nous remercie en Français, se dit heureuse d'être ici parmi nous, nous parle d'elle, parle aux femmes qui doivent parler aux hommes "Take me as I am", parlent aux hommes "The Father In You", nous l'agrémente d'un solo où l'émotion est plus forte qu'ailleurs, se laisse dominer par cette passion entremêlée de colère, entre presque en transe en malmenant le sol à coups de talons, chers à Mary quand la rage l'emporte, chers au public qui, là, retrouve la Mary Jane de toujours, celle qui crie, qui hurle, se tord presque sur scène, s'interrompt, reprend avec un semblant de calme qui, vite, fera de nouveau place à l'exaltation, comme si les mots ne suffisaient pas, comme s'il était inconcevable qu'ils ne sortent que de sa bouche et se devaient aussi de sortir de ses entrailles, ses jambes, sa poitrine et sa tête qu'elle martèle de ses mains, ses poings, sa douleur, sa joie, ses colères, son être tout entier. C'est cette Mary qu'on aime, qu'on veut, qu'on attend, et qu'on a ENFIN.


Parmi d'autres, on retiendra aussi cette sublime et mythique reprise purement et simplement soul des Rose Royce, "I'm Going Down", que les plus inconditionnels reprennent mot à mot, dispensant presque Mary d'entonner seule certains refrains. Elle s'en enorgueillit, et à juste titre, de voir qu'ici on la connaît, qu'on n'a pas attendu, contrairement à d'autres, presque largués dans la foule devant cet engouement, "Family Affair", "No More Drama" ou "Be Without You" pour la suivre. Sont revus "Share my World", "Seven Days", "I Love You", "Going Through", l'impérissable et favori "My Life", repris avec une sensibilité et une force appuyées qui n'auront pas échappé aux admirateurs de la première heure, où dans cette chanson elle se met à nu, où dans une autre, langoureuse et très sucrée "I Found My Everything" elle rendra un vibrant hommage à son époux Kendu Isaacs, que d'ailleurs à plusieurs reprises, en paroles comme en musique, elle saluera très amoureusement. Sa punition sera de se voir infliger une ovation, une vraie, une "standing" et unanime comme elle en mérite. D'autres, même les plus récalcitrants (assis en angle droit, bouche pincée et éventail de fortune, dans les tribunes "Paris 16ème", jumelles en main), et pour finalement faire corps avec le reste du public déjà conquis, rejoindront définitivement la masse quand elle entamera les fameux sons, plus commerciaux et cités plus haut, avec en bonus une très belle reprise de "One Love" des U2, faisant la part belle aux briquets du Nouveau Millénaire, les écrans de portables. Portables que beaucoup auront utilisés pour faire vivre l'instant à d'autres, qui n'auront pu faire le déplacement. Si l'hystérie était de rigueur pour "Be Without You", elle sera clairement atteinte avec le très Hip Hop Soul et non moins incontournable "Hate It or Love It", à l'original rappé par The Game et 50 Cent, repris ici par Mary, et à travers lequel elle fait état des grandes lignes de sa carrière et, parallèlement, les diverses phases de sa vie, des sombres jusqu'au plus reluisantes.


De ce concert on retiendra surtout une impression de récital, intimiste, plus qu'un concert type que Mary aura peut-être sciemment pris soin d'éviter, dispensant par conséquent son public de mises en scène trop pailletées, de changement de tenue tous les deux titres, d'overdose de chorégraphies et autres jeux de lumières de science-fiction propres aux shows outre-atlantique. On aurait sûrement attendu quelques featurings surprises comme ce fut le cas il y a 4 ans avec Lady Laistee. On regrettera aussi un départ quasi précipité où les lumières de mouche auront mis fin à l'espoir d'un petit rappel.


On comprendra encore moins le choix du Zénith (une salle à manger comparée à Bercy qu'elle avait pourtant bien rempli en 2002) et diminué pour l'occasion (par des rideaux), démarche certainement due à une publicité hasardeuse voire quasi inexistante pour cette année - j'ai appris la nouvelle au détour d'une conversation, rien à la télé, ni à la radio - sauf NRJ qui te rappelle bien toutes les 8 secondes en première partie par animateur lourdingue à vannes pourries interposées (et sifflées), que c'est elle qui sponsorise, et encore moins dans les rues (je n'ai vu qu'une affichette dans une ruelle du 18ème).


Mais qu'importe. Je suis venue, j'ai vu, elle m'a vaincue.


Voilà. Le jour J tant attendu touche à sa fin :-(. On en sort le coeur bourdonnant, les muscles endoloris, l'esprit aéré, une nuit agitée, la voix cassée... et une tronche d'ivrogne au lever.


See you next time, Black Queen ;-).




Petite retrospective de sa carrière ici :

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Crédit photo : Tallojah Makandal

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